Nous en sommes tous convaincus : le travail indépendant est formidable. L'épisode de confinement que nous avons été nombreux à vivre n'a fait que renforcer cette idée, et a inspiré de nombreuses personnes.

L’accès au travail indépendant se démocratise et est source d’épanouissement, mais c'est un statut qui comporte des fragilités. La crise économique que nous traversons le prouve en poussant de nombreux entrepreneurs dans des difficultés financières.

C'est pourquoi il doit être sécurisé. Et c’est l’objectif de Wemind.

En effet, la couverture sociale pour les indépendants est insuffisante à l’heure actuelle. Face aux circonstances exceptionnelles de la crise du Covid-19, l'Etat a dû créer un dispositif d'aide particulier pour pallier aux lacunes du système existant.

Alors que certaines personnes se sont trouvées exclues de ces aides, nous avons travaillé avec indépendants.co, néo-syndicat qui vise à faire entendre la voix des indépendants, pour mettre en place un fonds de solidarité complémentaire.

Retour sur les différents dispositifs disponibles pour les indépendants. On poursuivra avec des bonnes pratiques pour pérenniser son activité dans le contexte de relance actuel.

NB : Cet article est tiré du Webinar du "Freelances : Quelles aides et stratégies de survie" organisé par Cherry Pick auquel nous avons participé. Il nous semblait important de reprendre les principales info de ce super échange et d'y faire quelques compléments.

L'impact de la crise sur le travail indépendant

Alors que la crise émergeait, de nombreuses entreprises ont tout simplement paniqué. Elles ont cherché à couper le plus de dépenses possibles, et donc à repousser ou même annuler les missions prévues auprès de leurs partenaires.

50%
Au plus fort de la crise, le nombre de missions a diminué de moitié et la valeur des missions à également diminué en proportion.
Source : Cherry Pick

À l'heure actuelle, la reprise est indéniablement en marche. Cependant, elle se révèle inégale entre les secteurs.

📈 Certains domaines comme l’informatique et l’écosystème Start-up au sens large repartent fortement. À l'inverse, d’autres secteurs et entreprises ont complètement gelé leurs missions sans avoir encore annoncé de date de reprise. On retrouve dans cette 2ème catégorie les activités les plus durablement touchées par la crise comme l'aéronautique.

Pendant la crise, l'État a déployé un dispositif d'aides aux indépendants pour combler la baisse d'activité et de revenus. Faisons le tour d'horizon des aides toujours disponibles.

Inventaire des aides disponibles

1. La mesure majeure : le fonds de solidarité de l’État.

Le fonds de solidarité de l'Etat n'est pas spécialement destiné aux indépendants, mais l'est également pour l'ensemble des TPE.

Ce dispositif permet aux entreprises les plus en difficulté de bénéficier d'une aide d’un montant égal à la perte de chiffre d’affaires, dans la limite de 1 500 €. L'entreprise doit pour cela justifier d'une baisse de son CA de plus de 50% par rapport à 2019.

Le Gouvernement a par ailleurs annoncé la reconduction du fonds de solidarité sur le mois de juin pour tous les indépendants, et son prolongement jusqu'au 31 décembre 2020 pour certains secteurs d'activité (dont le tourisme, l'evenementiel, la culture, le sport, l'hotellerie restauration).

💶 Mode de calcul de l'aide :
• Pour le mois de mars, la perte de CA doit correspondre à 50% du CA déclaré au titre du mois de mars 2019
• Pour les mois suivants, la perte peut être mesurer soit par rapport au même mois de l'année 2019, soit sur la moyenne mensuelle de l'année complète. Une différence qui a son importance pour les personnes dont l'activité fluctue énormément.

⚠️  À noter que les indépendants n'ayant pas déclaré de chiffre d'affaires en 2019 sont de fait exclus de cette aide. Il en est de même pour ceux ayant des revenus supérieur à 60 000 €.

👉  Toutes les informations sur les démarches à réaliser pour bénéficier du fonds sur ce PDF.

2. Volet 2 du fonds de solidarité de l'État

Pour les entreprises les plus en difficulté, ou oeuvrant dans un des secteurs d'activité jugé comme prioritaire dans le cadre de la crise du coronavirus, une aide supplémentaire a été mise en place.

Elle s'adresse aux entreprises ayant déjà pu bénéficier du premier volet et permet de débloquer une aide de 2 000 € à 5 000 €, pouvant aller jusqu'à 10 000 € pour les entreprises employant au moins un salarié.

Les demandes sont cette fois examinées et distribuées au niveau régional.

⚠️  Elles doivent être déposées avant le 15 août sur une plateforme mis en place dans votre région d'exercice.

Qui finance le fonds de solidarité ?
Le fonds de solidarité est financé par l'État, les Régions et les collectivités d'outre-mer. Il est ouvert aux contributions d’autres collectivités et de donateurs privés. Les compagnies d’assurance ont par ailleurs annoncé une contribution à hauteur de 400 millions d’euros.

3. Aide exceptionnelle de la Sécurité Sociale

Le Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants (CPSTI) a mis en place une aide pour les indépendants qui n'entreraient pas dans les critères du fonds de solidarité.

Cet dispositif prend la forme d'aide financière exceptionnelle ou de prise en charge de cotisations et contributions sociales.

Elle a été ouverte jusqu'au 30 juin et aucune reconduction n'a été annoncée pour l'instant.

👉  Toutes les informations sur l'aide de la Sécurité Sociale.

4. Prêt garanti par l’Etat

🏦 Depuis le 25 mars, le Gouvernement à également lancé un dispositif exceptionnel permettant de garantir le financement bancaire des entreprises. Le dispositif est couvert à hauteur de 300 milliards d’euros.

Il a pour but de protéger la trésorerie des entreprises, dont les réserves auraient été impactées par la crise, grâce à un prêt bancaire garantie directement par l'État.

Ouvert jusqu’au 31 décembre 2020, le PGE est accessible pour toutes les entreprises quelle que soit leur forme juridique, à condition de générer un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliards.

En règle générale, la garantie de l’État couvre 90% du prêt, ce qui permet de limiter le risque pris par l'établissement bancaire.

Comment faire la demande ?
La demande doit être déposée auprès de la banque habituelle de l’entreprise. Le montant sollicité ne doit pas excéder 3 mois de chiffre d’affaires de l'année 2019.
Au niveau des conditions de remboursement, aucune échéance obligatoire ne doit être fixée sur la première année, et l’entreprise doit avoir la possibilité d'étaler son remboursement sur une durée maximale de 5 ans.

Les néo-banques peuvent-elles octroyer des PGE ?
Non les néo-banques ne peuvent pas distribuer de PGE. Vous devez vous adresser à une banque traditionnelle.

👉  Toutes les informations sur le Prêt Garanti par l'État.

5. Les aides mis en place par des acteurs privés

Plusieurs initiatives privées permettent de compléter les dispositifs gouvernementaux.

Fonds de solidarité - C'est qui le patron ? (orienté artisans commerçants)

La marque C’est Qui le Patron a doté un fonds de 750 000 € a destination des artisans, commerçants et petits producteurs de communes inférieures à 3500 habitants.

👉  Toutes les informations sur le fonds de solidarité des consommateurs et citoyens.

Fonds de solidarité Wemind (orienté freelances)

Wemind a créé un fonds de 200 000 € destiné aux indépendants et petites entreprises, qui s'adresse notamment aux personnes qui n’ont pas pu faire appel aux aides de l’Etat.

Ce fond est ouvert tout l’été pour aider les personnes en difficulté. Le fonds est doté par les bénéfices de Wemind et les indépendants peuvent faire un don pour l'alimenter. À noter que les dons au fonds de solidarité sont éligibles aux déductions d'impôt car ils sont destinés à une association reconnue d’utilité publique. Aucun frais de gestion n'est appliqué.

👉  Toutes les informations sur le fonds de solidarité Wemind.

Conseils aux freelances pour sortir de la crise et relancer leur activité

Relance ne veut pas dire retour à la normale. La crise que nous traversons va avoir des répercussions sur le long terme qu'il vaut mieux prendre en compte et tenter d'anticiper.

Il y a de grandes chances pour que votre activité ne puisse reprendre entièrement comme avant, elle nécessite de la vigilance dès les prochains mois et un sens de l'adaptation... mais c'est le propre du travail indépendant, non ?

Faire attention à sa trésorerie

💰 Même si l'activité se relance, votre trésorerie doit faire l'objet d'une attention toute particulière.

Pour renforcer vos réserves, n'hésitez pas à aller récupérer vos créances auprès de vos clients. La crise a impacté l'activité de tous, même des grands groupes, mais chacun a pu bénéficier d’aides de l’Etat.

Pour les grandes entreprises, ces aides ont pour principal but de leur permettre de régler leurs factures, surtout auprès de partenaires de plus petite taille, et de réduire les délais de paiement.

Ne pas (trop) baisser son TJM

26% des profils tech ont déclaré avoir baissé leurs TJM pendant la crise, d'après une étude Cherry Pick.

🙅‍♀️ Un réflexe à éviter en cette période est de vouloir réduire son Taux Journalier Moyen (TJM) afin d'accéder plus facilement à des missions.

Accepter une rémunération inférieure à la moyenne ou au marché est une pratique risquée. À terme, ce TJM peut devenir la norme auprès de vos clients et vous enfermer dans une relation déséquilibrée.

La crise aura bien des répercussions sur les rémunérations moyennes du marché et on assistera sûrement à  un ajustement progressif des TJM. Pour autant, ce n'est pas une raison pour brader vos services en attendant.

Il faut noter que de gros acteurs du consulting et des ESN ont également cassé les prix pour pouvoir staffer leurs équipes pendant la crise. Ces pratiques pourraient bien avoir un effet pervers et provoquer à moyen terme une diminution des grilles d’achat dans les grands groupes.

Négocier de nouveaux échéanciers pour vos factures

En cas de difficultés financières, il peut être salvateur de demander à vos partenaires et à vos fournisseurs un nouvel échéancier pour vos propres factures.

Dans une démarche à l'amiable, cela peut avoir un effet positif sur votre relation de confiance mutuelle. La situation extrême actuelle légitime ce type de demande.

Voici quelques bonnes pratiques pour établir un nouvel échéancier :

🤝 Définir un paiement partiel immédiat qui prouvera votre bonne foi

🗓 Établir un échéancier ferme et raisonnable en termes de durée

🖋 Confirmer l'accord par une trace écrite

💶 Fournir les chèques prévus par l'échéancier qui pourront être encaissés à la date convenue

Vous voulez plus d'info ?
👉 Pour regarder le Webinar, le replay est disponible sur Livestorm.

Protéger son activité, c'est aussi protéger sa santé et ses revenus. Chez Wemind, nous avons conçu une protection santé (Mutuelle et Prévoyance pour maintenir vos revenus) spécialement pour les indépendants, freelances et entrepreneurs. En prime, vous bénéficiez de l'accès gratuit au comité d'entreprise et aux évènements de la communauté ! À découvrir ci-dessous 🙂

Une mutuelle conçue spécialement pour les freelances

👉  Et bien sûr notre équipe est disponible sur le tchat pour répondre à vos questions !